• Vie et puissance des matières lithiques entre rites et savoirs par Thomas Galoppin et Cécile Guillaume-Pey (dirs)

    Taillées, sculptées, gravées ou brutes, les pierres jouent un rôle notoire dans de nombreuses religions où elles participent à la monumentalisation des lieux de culte, pérennisent l’inscription de textes ou matérialisent divers agents non-humains, qu’il s’agisse de divinités, d’ancêtres ou de héros. Mais au sein d’un large éventail de matières lithiques, qui vont du monolithe à la gemme, il existe des pierres d’exception auxquelles sont attribuées des formes de vitalité, d’intentionnalité ou de pouvoir. Ces roches, qui se distinguent par leurs propriétés sensibles, leur saillance topographique ou par les attentions dont elles font l’objet, se voient accorder des qualités semblables à celles de plantes, d’animaux ou de divinités. Pierres qui respirent, mangent, poussent, parlent ou pleurent, roches qui se déplacent, fécondent, soignent et parfois même se révoltent et scellent des serments, sont autant de protagonistes qui défient nos catégories. Que peuvent les pierres ? D’où vient leur puissance et comment se manifeste-t-elle ? Peut-on dire que des roches sont « vivantes » ? Est-ce le rituel qui permet de les animer et de leur conférer une capacité d’action hors du commun ou y-a-t-il des contextes dans lesquels des pierres présentent une vitalité et une force intrinsèques ? Et dans ce cas, comment les qualités de ces roches singulières sont-elles exploitées par les rites ? De quelles images, signes graphiques ou substances les recouvre-t-on afin de renforcer leur efficacité ? Enfin, quels corpus de savoirs construisent leurs pouvoirs et participent à leur transmission ? Une mine de questions ouvre un dialogue entre anthropologues et historiens autour des liens que les humains tissent avec des roches singulières. C’est en mettant en relation les qualités matérielles des pierres et leur ancrage spatial, les gestes, les pratiques et les discours dans lesquels elles sont prises, que les contributions de cet ouvrage explorent les modes d’action et d’animation de roches d’exception dans des aires culturelles, des périodes historiques et des contextes religieux variés.

    Cécile GUILLAUME-PEY est anthropologue, chargée de recherche au CNRS et affiliée au Centre d’Études de l’Inde et de l’Asie du Sud (CEIAS, UMR 8564). Ses recherches portent sur les pratiques rituelles et esthétiques ainsi que sur les modes d’appropriation de l’écrit dans des groupes tribaux de l’Inde.

    Thomas GALOPPIN est historien, postdoctorant à l’université Toulouse – Jean Jaurès au sein du projet ERC MAP (Mapping Ancient Polytheisms), affilié au laboratoire PLH (Patrimoine, Littérature, Histoire). Ses travaux portent sur les rituels et les relations que les humains tissent avec et entre dieux, animaux et pierres dans le cadre des religions de l’Antiquité.

  • par David BOUVIER & Véronique DASEN (éds)

    Dans le cadre du projet Locus Ludi. The Cultural Fabric of Play and Games in Classical Antiquity, financé par le Conseil Européen de la Recherche (ERC), une réflexion collective s’imposait sur le célèbre fragment d’Héraclite : « Le temps est un enfant qui joue en déplaçant des pions : la royauté de l’enfant ». Les quatorze contributions de ce volume proposent chacune différentes approches et lectures de cette phrase énigmatique. Tout un livre sur une phrase, tant elle pose de questions et autorise de réponses. Chaque mot mérite son enquête avec le débat sur ses significations. Comment comprendre l’aiôn ? « Temps », « vie », « temps de la vie », « force vitale », « existence », « éternité » ? Qui est l’enfant, quel âge a-t-il ? À quel jeu surtout joue-t-il ? L’ouvrage offre un bilan des différentes interprétations, philosophiques, politiques, oraculaires, des conditions de la transmission du fragment, de sa place dans l’oeuvre d’Héraclite, du contexte de production, des rapports avec d’autres poètes et philosophes, à l’histoire des jeux de pions et de dés, tout en s’interrogeant sur la dimension philosophique du jeu. Des pistes novatrices sont ouvertes. Dire qu’un enfant joue revient à énoncer l’évidence, sauf si l’enfant est autre chose qu’un simple enfant. Les enfants ne seraient-ils pas, dans et par le jeu, une image d’Héraclite lui-même ? Un Héraclite poète et joueur, poète parce que joueur. Le regard posé sur l’enfance doit aussi être remis en question. Loin d’instrumentaliser l’enfant pour dénoncer l’incompétence des adultes, Héraclite met en scène un enfant incarnant l’Aiôn en tant que force vitale source d’éternel renouvellement. Le déplacement de ses pions symbolise son apprentissage de l’ordre et désordre du monde. Le jeu instaure un équilibre temporaire dans le cosmos, et la royauté de l’enfant devient synonyme de sa capacité à gérer un monde menacé par le chaos. Et le jeu, avec les mots et les dés, ne finit ici jamais.

    David BOUVIER est professeur de langue et littérature grecques à l’Université de Lausanne et chargé de cours de mythologie à l’EPFL. Il a été professeur invité à l’Université de Chicago, à l’EHESS et à l’Université de Pise. Ses travaux portent principalement sur la poésie homérique et sa réception.

    Véronique DASEN est professeure d’archéologie classique à l’Université de Fribourg, et spécialiste d’anthropologie culturelle antique. Ses nombreuses publications portent sur l’histoire du corps, de l’enfant, du genre et du jeu. Elle dirige le projet Locus ludi financé par l’European Research Council (no 741520).

  • Incipit des romans de Georges Simenon par Jean-Louis Dumortier (éd.)
    « Il avait appris à écrire » : retourner ainsi le titre d’un célèbre essai consacré aux incipit, serait-ce donner à entendre que Simenon, au contraire d’Aragon, bien faraud de prétendre n’avoir jamais appris à écrire, applique des procédés qui lui ont été enseignés ? Bien sûr que non ! On sait que sa scolarité a été écourtée et qu’il n’a pu bénéficier, de la part de ses maîtres, de conseils d’écriture susceptibles de faire de lui le romancier qu’il est devenu, un « pêcheur au lancé » capable, en quelques phrases, d’appâter et de ferrer le lecteur. Cette capacité, c’est le fruit d’un apprentissage « sur le tas », en tant que fournisseur de la presse quotidienne, d’abord, puis, très vite, d’une littérature vouée à la consommation rapide. Peut-on dire que Simenon, au cours des années de maturation sous pseudonymes, a fabriqué des hameçons tout à fait personnels et qu’il a découvert une manière de jeter la ligne à nulle autre pareille ? Sans doute pas : ce serait un jeu d’enfant de trouver, chez ses contemporains, à l’entame des romans, des situations et des personnages aussi indéterminés que les siens, qui piquent la curiosité et suscitent le désir de savoir qui ils sont et ce qui les a menés là où ils sont. Mais il y a chez lui un degré d’intrication des points de vue bien supérieur à celui qui se rencontre chez ses confrères, une alternance de perspectives – sans scrupules pourrait-on dire – qui, à la fois, peut décontenancer le lecteur engoncé dans les habitudes de réception de la narration réaliste, et lui ouvrir de vastes espaces d’interprétation. Quelque chose arrive à quelqu’un quelque part ; quelqu’un parle, mais ce qui a lieu ou ce qui est dit est donné à connaître à travers un énoncé dont la source est indécise ou dont l’énonciateur n’est pas sûr. Si la formule n’était rebattue, on pourrait dire « Ça parle » et il revient au lecteur de chercher ce que ça signifie pour lui, ce qui est à comprendre, ou, plutôt, ce qui peut être compris à partir de, grâce à, malgré aussi parfois ce qui est dit – ou tu. De tous les écrivains « réalistes », Simenon est peut-être celui qui laisse le plus de marge à l’interprète, celui qui, en régime de clôture du sens, débarrasse le récit de la plupart des figures dévolues à son avènement, ou ne les convoque que pour contester leurs prétentions. Il invite ainsi implicitement le lecteur à débrouiller l’écheveau et, sans le mettre en garde noir sur blanc, il lui laisse entrevoir le risque de ne tirer que sur quelques fils. Ici, très modestement, il a été proposé à des lecteurs issus de diverses communautés interprétatives et pas tous, loin de là, également familiers de Simenon, de mordre dans l’esche d’un incipit, ou de dire de quoi elle est faite, ou d’être à la fois le poisson et celui qui l’appâte. Il s’agissait de ne pas relancer le carrousel des généralités sur l’univers fictionnel du romancier, mais de mettre le doigt sur les mots, sur les phrases qui incitent à y entrer. Jean-Louis DUMORTIER, professeur ordinaire honoraire de l’Université de Liège, y a dirigé, de 1999 à 2014, le Service de didactique du français. Il a publié trois livres et une vingtaine d’articles sur Simenon. Membre du Centre d’Études Georges Simenon, il est actuellement directeur de publication de la revue Traces, créée par Danielle Bajomée.
  • Lieux, protagonistes, rôles, enjeuxet stratégies professionnelles par Daniela N. PRINA (éd.)

    L’architecture et l’urbanisme en Belgique au long XIXe siècle. Lieux, protagonistes, rôles, enjeux, et stratégies professionnelles se fixe pour objectif d’explorer les divers aspects de la professionnalisation des architectes belges au cours d’une période cruciale pour la définition de la discipline architecturale, marquée par l’essor industriel du pays, les changements des modes de production, ainsi que par les vicissitudes politiques qui impactent fortement l’identité culturelle du jeune État-nation. Durant cette période riche en changements, où la discipline architecturale est inlassablement soumise à un parcours de révision critique qui influence les curricula des académies et des écoles de dessin fraîchement créées, les architectes commencent à établir de manière plus précise leurs domaines d’actions, les possibilités d’expansion de leurs missions, de même que la recherche d’un équilibre entre élan artistique et connaissance technique. Dépourvus à l’époque d’une définition juridique de leur profession (le diplôme d’architecte étant créé seulement en 1936) leur permettant de se démarquer face à la concurrence des entrepreneurs et des ingénieurs, les architectes recouvrent en effet plusieurs fonctions distinctes. Ils essaient alors de s’organiser par le biais d’une association, la Société Centrale d’Architecture de Belgique, qui, à partir de 1874, joue un rôle clé dans le développement des missions de tutelle de la profession d’architecte, afin de voir clairement reconnues leurs compétences spécifiques par l’état. À travers une série de contributions centrées sur des éléments variés de la pratique architecturale, allant de la gestion du chantier de projet à la restauration, de la circulation et transmission de la culture architecturale à la relation entre formation et profession, cet ouvrage permet de découvrir de nombreuses facettes du travail des architectes belges au cours du long XIXe siècle.

    Daniela N. Prina (Université Libre de Bruxelles), est docteur en histoire de l’architecture. Elle a publié de nombreux essais et articles sur des figures, épisodes et problématiques inhérents aux XIXe et XXe siècles, approfondissant des thématiques liées à l’architecture et à la ville, aux relations entre profession et formation didactique, et aux liens entre architecture et design.
  • Index verborum, Concordance, Relevés grammaticaux par Jean WINAND 1. Jean WINAND, Le voyage d'Ounamon. Index verborum, concordance, relevés grammaticaux, 1987. 2. Jean WINAND, Études de néo-égyptien, 1. La morphologie verbale, 1992. 3. Pierre KOEMOTH, Osiris et les arbres. Contribution à l'étude des arbres sacrés de l'Égypte ancienne, 1994. 4. Juan Carlos MORENA GARCIA, Études sur l'administration, le pouvoir et l'idéologie en Égypte, de l'Ancien au Moyen Empire, 1997. 5. Dimitri LABOURY, La statuaire de Thoutmosis III. Essai d'interprétation d'un portrait royal dans son contexte historique, 1998. 6. Michel MALAISE & Jean WINAND, Grammaire raisonnée de l'égyptien classique, 1999. 7. Laurent BRICAULT, Isis, Dame des flots, 2006.
  • Essai d'interprétation d'un portrait royal dans son contexte historique par Dimitri LABOURY 1. Jean WINAND, Le voyage d'Ounamon. Index verborum, concordance, relevés grammaticaux, 1987. 2. Jean WINAND, Études de néo-égyptien, 1. La morphologie verbale, 1992. 3. Pierre KOEMOTH, Osiris et les arbres. Contribution à l'étude des arbres sacrés de l'Égypte ancienne, 1994. 4. Juan Carlos MORENA GARCIA, Études sur l'administration, le pouvoir et l'idéologie en Égypte, de l'Ancien au Moyen Empire, 1997. 5. Dimitri LABOURY, La statuaire de Thoutmosis III. Essai d'interprétation d'un portrait royal dans son contexte historique, 1998. 6. Michel MALAISE & Jean WINAND, Grammaire raisonnée de l'égyptien classique, 1999.
  • Actes des colloques 8.2 et 8.3, XIVe Congrès de l’UISPP, Liège (2-8 septembre 2001) par Marylise LEJEUNE & Anne-Catherine WELTE (dir) Avant-propos

    I. colloque 8.2 : L’art pariétal paléolithique dans son contexte naturel Architecture de l’art pariétal paléolithique | Denis Vialou Quelques réflexions sur le rôle de la paroi rocheuse dans l’art du Paléolithique supérieur | Marylise Lejeune Dialogue avec la paroi : cas des représentations paléolithiques de la grotte ornée Mayenne- Sciences ( Thorigné-en-Charente, Mayenne) | Romain Pigeaud La grotte ornée de Cussac Le Buisson-de-Cadouin (Dordogne) | Norbert Aujoulat, Jean-Michel Geneste, Christian Archambeau, Marc Delluc, Henry Duday & Dominique Gambier Marsoulas : une grotte ornée dans son contexte culturel | Carole Fritz & Gilles Tosello Grotte Chauvet-Pont d’ Arc : approche structurelle et comparative du Panneau des Chevaux | Gilles Tosello & Carole Fritz L’art à l’Abri Pataud (les Eyzies, Dordogne) | Brigitte & Gilles Delluc Les représentations paléolithiques de salmonidés : mise en lumière de phénomènes culturels par l’analyse statistique des caractères formels | Pierre Citerne Kraft und Aggression. Existe-t-il un message de « force » et d’« agressivité » dans l’art Paléolithique ? | Jordi Serangeli Peut-on attribuer des œuvres du Paléolithique supérieur ? | Marc Groenen, Didier Martens & Pierre Szapu II. colloque 8.3 : Art mobilier paléolithique supérieur en Europe occidental La « magie de la chasse »: étude d’une gravure magdalénienne sur bois de renne provenant de l’abri classique de Laugerie-Basse (Les Eyzies-de-Tayac, Dordogne) dans la collection Christy du British Muséum, Londres | Carole Rivenq Évolution stratigraphique des actions non utilitaires dans le Magdalénien supérieur de Roc-la-Tour I | Colette & Jean-Georges Rozoy L’art mobilier sur pierre de l’abri Gandil à Bruniquel (Tarn-et-Garonne, France) : étude synthétique | Edmée Ladier L’art mobilier non classique de la grotte magdalénienne de Bédeilhac (Ariège) | Georges Sauvet Un atelier magdalénien de sculpture de la stéatite au Rocher de la Caille (Loire) ? | Sophie A. de Beaune Aux origines de la représentation : les statuettes paléolithiques de l’Italie centrale et méridionale | Daniela Zampetti & F. Alhaique L’art mobilier sur pierre du versant sud des Pyrénées : les blocs gravés de la grotte d’Abauntz | Pilar Utrilla, Carlos Mazo, Maria Cruz Sopena, Rafael Domingo & Olaia Nagore L’art mobilier magdalénien de Moravie (République Tchèque). Les relations avec l’art mobilier français | Martina Laznickova Les concepts artistiques des représentations féminines dans les habitats du Paléolithique supérieur récent en Europe orientale en comparaison avec ceux du Magdalénien moyen en Europe occidentale | Lioudmila Iakovleva L’art mobilier du Magdalénien supérieur des sites de la vallée de l’Aveyron et d’Europe centrale : relations et/ou convergences ? Anne-Catherine Welté & Georges-Noël Lambert L’art paléolithique dans son système culturel : essais de corrélations. I. Chronologie, « Styles » et « Cultures » | François Djindjian Originalité spiritualiste des prêtres préhistoriens quant aux interprétations sur l’art mobilier en France (1864 – 1950) | Fanny Defrance

  • Stock épuisé
    ÉPUISÉ Essai sur une paléoanthropologie solutréenne par Marc TIFFAGOM

    Délaissée durant plusieurs décennies par les préhistoriens, la civilisation solutréenne a recouvré son intérêt vers la fin des années 80 grâce à l’essor des approches technologiques, donnant lieu à la publication de quelques travaux précurseurs dans ce domaine en France et au Portugal. L’étude qui est proposée dans ce livre s’inscrit dans la lignée de ces travaux. Elle a d’ailleurs pour cadre l’Espagne, et plus précisément le territoire compris entre Valencia et Cadix, qui correspond à la zone d’extension du “Solutréen de faciès ibérique”. Une entité typologique qui constitue un champ de recherche idéal pour comprendre les mécanismes à l’œuvre dans la construction des identités culturelles solutréennes. D’une part, parce qu’elle est largement éprouvée sur un plan géographique et chrono-stratigraphique, interprétée comme un processus de “régionalisation” et de “désolutréanisation” des industries: le premier afin d’expliquer l’absence de la pointe à ailerons et à pédoncule en Catalogne et en Cantabrie; le second, l’amenuisement progressif, durant près de trois mille ans tout de même (19500-16500 BP), des caractères solutréens. D’autre part, parce que ses célèbres “pointes de flèche” de facture néolithique et ses pointes à cran méditerranéennes évoquent de possibles contacts avec le nord-ouest de l’Afrique et le sud-est de la France, respectivement, d’après les très fortes affinités typologiques que ces deux armatures entretiennent avec les pointes marocaines/pseudo-sahariennes de l’Atérien récent et les pointes à cran du Salpêtrien ancien. Des contacts paléolithiques entre l’Europe et l’Afrique, via le détroit de Gibraltar, ont-ils été établis ? Une “province méditerranéenne”, au sens géographique et/ou culturel du terme, constituée de petits “no man’s land” et qui reliait en permanence le sud de l’Espagne au sud de la France a-t-elle existée ?

    Les questions ici s’enchaînent, cruciales pour saisir le sens de l’évolution de ces sociétés paléolithiques. Or seule une définition paléohistorique et paléoanthropologique de ce concept unificateur permettra d’y répondre: qu’en est-il exactement de l’unité culturelle de ce faciès, dans le temps et dans l’espace ? Et ses origines, quelles sont-elles: européennes et africaines ? Menée dans le cadre d’une recherche doctorale, une enquête technologique sur les industries lithiques du site fondateur de cette entité, la Cova del Parpalló, dans la région de Valencia, est venue apporter des premiers éléments de réponse à ces questions. En révélant la présence d’un mode de débitage identique à celui de l’Atérien, le débitage Levallois en l’occurrence, associé de surcroît à la fabrication des pointes à ailerons et à pédoncule, et, surtout, car c’est là son apport principal, de structures a priori hybrides dont les Solutréens seuls peuvent être les auteurs, cette enquête a permis de renforcer respectivement l’idée d’une origine africaine de ce faciès et son unité culturelle dans le temps. Bien plus, le modèle proposé, une évolution interne du Solutréen supérieur de faciès ibérique en trois phases théoriques, trouverait son explication dans l’existence d’une “chaîne de sociétés” (la “province méditerranéenne”) reliant le nord de l’Italie au sud de l’Espagne, rendue possible par la régression marine du Dernier Maximum Glaciaire et qui assurait la diffusion somme toute rapide à cette époque des nouvelles idées techniques: une sorte d’emprunt “à distance”.

  • par Marcel OTTE & Janusz K. KOZLOWSKI
    Table des matières Remerciements Préface Shanidar Warwasi Yafteh Pa Sangar Eshkaft-e Gavi Shekaft-i Ghad-i Barm-i Shur Sefid Ab Kara Kamar Comparaisons Conclusions Bibliographie
  • La longue tradition graphique par Philippe HAMEAU Table des matières I. Présentation II. Les lieux Relief et géologie du massif d’Agnis Les surfaces karstiques de l’Agnis Évolution géologique au Quaternaire La végétation actuelle du massif Le complexe dit des Maigres III. Les occupations du site Stratigraphie Les unités sédimentaires Commentaires L’occupation préhistorique L’environnement végétal Répartition du mobilier archéologique L’industrie lithique taillée L’industrie lithique polie et les galets La céramique Les restes anthropologiques La faune L’industrie osseuse Les nodules de matière colorante Datation La période historique La céramique Les monnaies Le mobilier métallique Des pierres à fusil Datations IV. Les expressions graphiques État de la paroi Les peintures Inventaire Styles et technique Datation Les gravures Styles, technique et datation V. L’abri peint Les espaces Le cadre physique L’éloignement des habitats Le choix du site L’aménagement des lieux L’iconographie Les principes de l’expression schématique Les figures peintes du site Les données du mobilier L’état du mobilier Le débitage des matières siliceuses Le statut des armatures La part du feu Le cas de la faune Les ossements humains La fréquentation du site au Néolithique La compatibilité des fonctions Passage et transformation VI. L’abri gravé Figures et thèmes L’Homme à la palmette L’organisation du panneau La longue tradition graphique Épilogue graphique VII. Regards croisés Planches hors texte Encart 1 Encart 2 Bibliographie
  • Ensayos críticos sobre la obra de Pablo Montoya Reindert Dhondt y Kristine Vanden Berghe (eds.)

    Pablo Montoya es una de las voces más singulares de la literatura hispanoamericana contemporánea. Su obra, erudita y profundamente lírica, se distingue por un humanismo comprometido y por un diálogo constante entre saberes, géneros y disciplinas artísticas. En su poesía, ensayos y narrativa, explora con lucidez los dilemas éticos de la historia, la violencia y el exilio. Aunque arraigada en su Colombia natal, su escritura trasciende lo local y adquiere un alcance universal. Este volumen examina los múltiples cruces que atraviesan su obra: entre épocas, tradiciones, artes y geografías. Desde la prosa breve hasta la novela histórica, pasando por la traducción, la música y las artes visuales, los ensayos aquí reunidos destacan la complejidad de una escritura que explora, a veces de forma anacrónica, el pasado para interrogar críticamente el presente. La obra de Montoya se configura así como un espacio de mediación entre culturas, lenguas y temporalidades. El libro aborda cuestiones como la representación de la historia, la figura del artista, el topos de la ruina, la traducción y la construcción de subjetividades en contextos de violencia, situando además su producción literaria en un marco transnacional que conecta tradiciones europeas y latinoamericanas. Con aportes de especialistas de Europa y América Latina, junto con una entrevista inédita, el volumen ofrece una herramienta valiosa para investigadores y lectores interesados en la literatura hispanoamericana y sus cruces interartísticos.

    Reindert DHONDT es profesor titular de literaturas hispánicas en la Universidad de Amberes. Sus áreas de investigación incluyen los estudios sobre la violencia, la teoría decolonial y la relación entre patrimonio y literatura.

    Kristine VANDEN BERGHE es catedrática de literatura hispanoamericana en la Universidad de Lieja. En esta colección ‘Littératures’ ha coeditado un libro sobre Héctor Abad Faciolince y otro sobre Guadalupe Nettel.

  • Grégory CORMANN (éd.) Préambule Grégory Cormann, « La vie humaine commence de l’autre côté du déses­poir » : Jan Walravens et Sartre en 1943. Notes sur la première récep­tion de l’existentialisme en Belgique (néerlandophone) I. Les premiers Sartre. Approche dialogique Chloé Bousquet, Vincent de Coorebyter, Frédéric Fruteau de Laclos, Sartre et Maxime Chastaing au Havre : petite iconographie commentée 43 Andrea Cavazzini, L’Homme-Dieu et l’homme ordinaire. De Sartre à Baudelaire Julien Pieron, Du puzzle intellectualiste à l’exploration du passé pur : Citizen Kane et la philosophie française (Sartre, Bazin, Deleuze) Bastien Ndongo, Imagination et image dans la pensée de Henri Maldiney. Autour de deux occurrences de « Sartre » dans Regard Parole Espace II. Existentialisme, tous azimuts Toshihiko Izutsu, Existentialisme de l’est et de l’ouest Maxime Hardy, Convergence de l’occident et de l’orient : la philosophie d’Izutsu et les existentialismes occidentaux et orientaux Marcelo S. Norberto, L’événement humain : actualité et expression chez Beauvoir et Sartre Fabio Caprio Leite de Castro, La dialectique du besoin comme principe de l’anthropologie chez Sartre Lou Léonard, La Nausée à l’aune de la phénoménologie queer : la ligne straight perturbée, l’après et l’ailleurs ouvert II. Bibliographie III. Informations Colloque du GES Manuscrits et Archives Activités sartriennes Nécrologie Théâtre Actualité de Sartre, médias et divers IV. Comptes rendus et recensions critiques
  • Sous la direction de Jean-Louis BERGER, Dyanne ESCORCIA et Annick FAGNANT

    Notre monde connaît des mutations constantes, marquées par de profondes transformations sociétales et une accélération des innovations technologiques. Comprendre ces dynamiques et y répondre suppose pour l’individu de développer une pensée réflexive et autonome, c’est-à-dire une agentivité accrue. Cet apprentissage tout au long de la vie repose en grande partie sur la capacité des apprenants à réguler leurs propres processus d’apprentissage. C’est précisément cette problématique de l’autorégulation de l’apprentissage et des dispositifs visant à la soutenir que cet ouvrage examine de manière approfondie. Il examine la manière dont les apprenants (élèves, étudiants ou enseignants) s’engagent activement dans leur apprentissage, en fonction d’objectifs définis et dans des contextes diversifiés.

  • Éditorial, par Jean-François Gerkens In memoriam Cosimo Cascione, par Jean-François Gerkens Droit romain Dionysios Filias, Κατ’ αὔτων καὶ ἐνδείξιος: maiestas, delatio and the Introduction of Roman Legal Procedure in Early Imperial Mytilene Yasmina Benferhat, The Roman Side of the Theory of Climate in Ancient Times Federica Bertoldi, Lucio Anneo Seneca “giurista” Birgit Forgó-Feldner, Überlegungen zum iussum de restituendo Mario Varvaro, Meum esse e ius dei Quiriti: a proposito di un recente volume Hendrik Verhagen, Chirographs in classical Roman law: Negotiable instruments? Chroniques Francesco Saverio Tavaglione, Chronique de la 78e session de la Société Internationale Fernand De Visscher pour l’Histoire des Droits de l’Antiquité à Budapest XIIIe Prix international de droit romain Gérard Boulvert Ouvrages reçus par la direction
  • Depuis près de trente ans, l’œuvre du poète François Jacqmin, décédé en 1992, ne cesse de voir grandir la place qu’elle avait déjà acquise de son vivant. Abondante (de très nombreux inédits existent à côté des recueils publiés), elle est doublement intemporelle et actuelle : dans une écriture qui, ne devant presque rien aux époques qu’elle a traversées, n’est pas datée, le poème de Jacqmin reste pertinent pour notre temps, comme il le fut durant son parcours de poète.Ces cahiers qui lui sont consacrés sont animés d’un double esprit : le respect du poète François Jacqmin et de son œuvre, le souci de les servir et de les faire mieux connaître.Ils sont le lieu de prépublications d’ensembles de poèmes inédits, de proses, de textes sur l’art et les artistes. Ils accueilleront à l’occasion des études sur l’œuvre, des témoignages, des documents (des correspondances), de l’iconographie. Ils ambitionnent d’enrichir l’expérience de lecteurs, toujours plus nombreux, d’un œuvre hors du commun.

    Sommaire

    Éditorial François Jacqmin, Avant l’exil François Jacqmin, Tous les livres se sont effacés d’un seul coup Gérald Purnelle, Armand Silvestre et François Jacqmin : « une longue fréquentation » Armand Silvestre et François Jacqmin, Une correspondance de vingt-cinq ans Armand Silvestre, Œuvres pour François Jacqmin Félix Katikakis, Du « Zodiaque érotique » à « L’Approche amou­reuse » : Un cas de réécriture chez François Jacqmin François Jacqmin, Aphorismes, II François Jacqmin, Exode (extraits) Complément à la bibliographie de François Jacqmin, I
  • Socio-anthropologie des loisirs alternatifs Audrey TUAILLON DEMÉSY

    Cet ouvrage s’intéresse à la question des imaginaires du temps, à partir d’enquêtes ethnographiques au long cours menées sur les terrains des cultures alternatives. Trois études de cas complémentaires, à savoir l’histoire vivante (reconstitution historique et arts martiaux historiques européens), le quidditch/quadball et une scène punk en milieu rural, permettent d’appréhender les modes de fonctionnement de ces loisirs et de comprendre, plus largement, comment différents imaginaires sont érigés, partagés et collectivement vécus.

    L’approche comparative de ces différents loisirs (culturels, sportifs, musicaux) fait émerger la formation d’un imaginaire du temps spécifique : une achronie, c’est-à-dire un temps hors du temps. Accompagnée d’un imaginaire du « désordre », celle-ci participe à la fabrique d’utopies concrètes éphémères, que cet ouvrage se propose d’examiner. En effet, la temporalité achronique apparaît comme une réponse possible face au temps linéaire et hégémonique de nos sociétés contemporaines occidentales. Plus largement, les expériences ludiques alternatives étudiées ici donnent à voir des modes de résistance (à la fois politique, sociale, culturelle, économique, corporelle et/ou temporelle), vécus par corps, qui bousculent l’ordre établi. Ainsi, « jouer avec le temps » permet aux acteurs de ces pratiques de proposer et d’expérimenter d’autres mondes possibles. Cette esquisse d’une anthropologie des cultures alternatives convoque et rassemble des réflexions portant sur le corps, le temps et l’imaginaire. Elle contribue ainsi à enrichir les domaines des sciences du sport et de l’anthropologie du corps.

    Audrey Tuaillon Demésy est socio-anthropologue, professeure des universités en STAPS à l’université Marie et Louis Pasteur (laboratoire C3S). Ses travaux portent sur les loisirs alternatifs contemporains et leurs expressions infrapolitiques. Cette étude s’inscrit plus particulièrement dans le cadre du programme de recherche collectif Aiôn et de l’association K.A.I.R.O.S.

  • Kernos 38

    90,00 

    Éditorial

    Études

    Claudio FELISI, Demeter Θεσμοφόρος, “She who Produces the Stores of Grain” Marco V. GARCÍA QUINTELA, Διὸς ψῆφος. The Mythology of the Vote in Athenian Democracy Enrique NIETI IZQUIERDO, « Héraclès et Soleil » ou « Héraclès de la Mer » ? Analyse de la séquence Ἡρακλεῖ ΑΛΙΩΙ dans une dédicace délienne Sebastian ZERHOCH, The Oath, the Fish and the Goddess: Temple Jurisdiction and Ritual in the Marmarini Inscription Christopher A. FARAONE, King Semea and the Scarab and a Prayer to the Sun: Two Invocations in a Magical Handbook from Roman Thebes (GEMF 55 / PGM III)

    Chronique des activités scientifiques

    Chronique archéologique

    François QUANTIN, Chronique de la controverse du nekyomanteion de l’Achéron en Épire : de l’usage des évidences en archéologie des cultes antiques Stavros VLIZOS, Adrien DELAHAYE, Chronique de l’Amyklaion de Sparte. Vingt ans de fouilles de l’Amykles Research Project

    Epigraphic Bulletin 2022

    Chroniques bibliographiques

  • Généalogiques Gabriella Pironti, Adeline Grand-Clément & Corinne Bonnet (dirs)

    Ce quatrième volume consacré aux « dieux d’Homère » explore les enjeux liés aux généalogies, aux parentés divines et aux discours théogoniques, trop souvent rejetés dans le domaine de la « fable ». Partant plutôt du principe que chaque naissance divine est présentée et perçue comme une sorte d’épiphanie paradigmatique, on examine ici les « structures élémentaires de la parenté » dans les récits de naissance, de filiation ou dans les généalogies des dieux. Prendre au sérieux ces récits, chez Homère, Hésiode, et au-delà, aide à comprendre le foisonnement du polythéisme et les principes qui l’organisent, dont ses généa-logiques. L’enquête collective met au jour plusieurs manières d’envisager la famille des dieux, qui ne relèvent pas de la simple projection des données humaines et interrogent le postulat du « parfait » anthropomorphisme des dieux. Les récits théogoniques « font advenir » un certain ordonnancement du kosmos : ils dessinent les articulations internes de la société divine, mais donnent aussi à voir celles qui relient le monde des dieux à celui des hommes. Les contributions rassemblées ici analysent les multiples ressorts de l’outil généalogique ainsi que sa modularité contextuelle, et mettent en lumière le rôle primordial qu’il se voit attribuer par les auteurs anciens dans les différentes manières d’architecturer le monde et ses dieux.

     
  • Pour une bibliophilie populaire Jan BAETENS

    Un « beau livre » n’est pas forcément un livre d’artiste ou un livre pour bibliophiles. La beauté du livre ne dépend pas seulement de la qualité de ses matériaux ou de l’originalité de son exécution. Elle peut définir aussi des objets tout simples, pour peu qu’ils explorent de manière cohérente les divers aspects qui constituent l’objet-livre, du contenu à la typographie, des illustrations à l’architecture globale de l’œuvre. Le présent ouvrage se veut un éloge de cette beauté du simple, qui est tout sauf simpliste, et l’analyse à l’aide d’un large choix de textes empruntés à des auteurs, des styles et des époques très divers, avec une attention particulière pour la dimension démocratique de cette forme particulière de l’élitisme pour tous.

    Jan Baetens est professeur émérite d’études culturelles de la KU Leuven. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur les relations entre textes et images dans la culture dite populaire, comme la bande dessinée ou le roman-photo. Il est aussi écrivain et auteur de quelque vingt-cinq recueils de poésie.

  • Grégory CORMANN (éd.) Préambule Grégory Cormann, Sartre, Lévy-Bruhl : (re)construire une anthropologie politique. Des Carnets de la drôle de guerre aux Réflexions sur la question juive I. Phénoménologies de Sartre : imagination, politique, biographie (réceptions transnationales) Daniel Giovannangeli, Paul Ricœur, lecteur de L’Imaginaire Reda Merida, Une philosophie en traduction. Réflexions sur la traduction en arabe de l’œuvre de Jean-Paul Sartre Hiroaki Seki, Saint Genet et son ombre au Japon. À propos de la traduction de L’Enfer du regard de Mita Munesuke II. Bibliographie III. Informations Colloque du GES Manuscrits et archives Activités sartriennes Nécrologie Théâtre Esther Demoulin, Sur Les Forces vives, mis en scène par Camille Dagen au théâtre Berthier Actualité de Sartre, médias et divers IV. Comptes rendus et recensions critiques
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