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Sous la direction de Valérie HENRY, Germain SIMONS et Dominique VERPOORTEN L’ouvrage présente différents obstacles qui empêchent, freinent ou… déclenchent l’apprentissage. Dans une perspective résolument constructive, il fournit des pistes pour mieux comprendre et aborder cet enjeu central du métier d’enseignant et de formateur. La première partie de l’ouvrage analyse des obstacles relatifs à l’interaction entre l’apprenant et le savoir. Ces « obstacles épistémologiques » (Bachelard, 1938) ou ces « bottlenecks » (Pace, 2017), inhérents à la construction de l’expertise disciplinaire, représentent des enjeux didactiques majeurs. La deuxième partie se penche sur des obstacles relatifs à l’interaction entre l’enseignant et l’apprenant, qui mettent en évidence l’activité enseignante et ses conséquences sur l’apprentissage. La troisième partie cible des obstacles dont la saisie doit s’envisager dans l’interaction avec un contexte spécifique. Ancré tant dans les didactiques disciplinaires que dans les sciences de l’éducation, l’ouvrage offre des contributions américaines, belges, brésiliennes, canadiennes, françaises, suisses qui abordent tous les niveaux d’enseignement, du primaire à l’enseignement supérieur. Il intéressera chercheurs en éducation, formateurs d’enseignants, concepteurs de prescrits (référentiels, programmes) et auteurs de manuels.
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Approches et pratiques réflexives en sciences politiques et sociales par CÉLINE PAROTTE (dir.)
Comment élaborer et mener à bien une recherche qualitative en sciences politiques et sociales ? Cet ouvrage s’adresse à toute personne désireuse d’interroger et d’améliorer le cheminement méthodologique de sa recherche. De manière claire, simple et vulgarisée, de nombreuses méthodes qualitatives de production ou d’analyse de données sont présentées : analyse documentaire, étude de cas, entretien compréhensif, focus group, atelier scénario, méthode Delphi, analyse thématique. Chacun des chapitres comporte des exercices pratiques, des exemples concrets d’application, des tableaux et des figures synthétiques. Plutôt qu’un ensemble de modèles clé-sur-porte, cet ouvrage propose de prendre à bras le corps la myriade de choix méthodologiques et épistémologiques posés par le·la chercheur·e à chaque étape de la recherche. De nombreuses questions essentielles sont abordées pour accompagner les pratiques scientifiques et stimuler la réflexivité à leur égard : quelles sont les différentes manières de produire de la connaissance scientifique ? Quels types de données collecter ? À quelles sources se fier et pourquoi ? Comment et selon quels critères choisir ses méthodes d’enquête ? Comment valoriser et présenter ses résultats scientifiques ? Comment réagir face à la remise en cause des faits scientifiques ? Au fil de l’ouvrage, une idée centrale émerge : la capacité à justifier les choix posés et à convaincre de leur pertinence, mais aussi de leurs limites, est la pierre angulaire d’une démarche méthodologique solide, ouverte et engagée. Des compétences multiples, telles que situer les connaissances scientifiques dans leur contexte, intégrer la relation entre enquêteur·ices et enquêté·es dans l’analyse, sélectionner les données pertinentes à mettre en avant dans la rédaction ou être capable de s’adresser à différents publics dans la communication scientifique, pourront ainsi être mieux comprises et donc plus facilement acquises.
Céline Parotte est chargée de cours en méthodologie, en analyse et évaluation des politiques publiques au Département de Science Politique de l’Université de Liège. Responsable du pôle « innovations méthodologiques » au sein du Centre de recherches Spiral, ses travaux se situent au croisement des sciences politiques et sociales et des science and technology studies. Son expertise porte notamment sur la gestion et le contrôle des déchets radioactifs, la gouvernance et le déclin des infrastructures industrielles, les méthodes participatives innovantes et l’analyse et l’évaluation des politiques publiques controversées.
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par S. VASYLYEV, A. SINITSYN, M. OTTE (edit.)
Actes du colloque international de la 8e commission de l'UISPP, qui s'est tenu à Saint Petersbourg en 2016. Le Sungirien est décrit en tant que tradition culturelle du début du Paléolithique supérieur en Europe orientale, à travers son historiographie, sa chronologie, ses productions lithiques et en matières dures animales, ses traces d'habitat, ses ornements...
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Depuis l’Antiquité classique jusqu’à l’expédition d’Égypte.
par Jean WINAND et Gaëlle CHANTRAIN (dir.)
Dans le cadre du bicentenaire du déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François Champollion, le service d’égyptologie de l’Université de Liège, en collaboration avec le Musée Curtius de la Ville de Liège, a monté une exposition sur la réception de l’écriture hiéroglyphique en Europe, depuis l’Antiquité jusqu’au déchiffrement, en 1822. L’exposition met en valeur les éditions anciennes conservées pour l’essentiel à la réserve précieuse de la bibliothèque de l’Université de Liège. Des objets venus en prêt du Musée Curtius, du Musée de la Boverie, du Cabinet des Estampes de la Ville de Liège, du Musée royal de Mariemont et de la Bibliothèque royale de Belgique complètent le catalogue. Le catalogue de l’exposition est introduit par une série de chapitres, arrangés chronologiquement, qui remettent en perspective la place de l’écriture hiéroglyphique et de l’Égypte ancienne dans l’histoire des idées au cours de l’Antiquité classique, du Moyen Âge, de la Renaissance, de l’Époque baroque et du Siècle des Lumières. Rédigés par des spécialistes, ces chapitres font du catalogue un ouvrage de référence sans grand parallèle dans l’édition scientifique.
Jean WINAND est professeur ordinaire à l’Université de Liège, où il enseigne l’égyptologie. Ses recherches portent principalement sur la langue, les textes et les écritures de l’Égypte ancienne, ainsi que sur la réception des hiéroglyphes à la Renaissance et à l’époque baroque. Doyen honoraire de la Faculté de Philosophie et Lettres, il est présentement Premier vice-recteur de l’Université. Il préside le Pôle muséal et culturel de l’université, nouvellement créé. Membre de l’Académie royale de Belgique, il est le titulaire de la Chaire UNESCO « Pour une science ouverte ! ».
Gaëlle CHANTRAIN est chargée de recherches au F.R.S. – FNRS, affiliée à l’Université de Liège. Ses travaux portent sur l’évolution de la langue et des écritures égyptiennes, les conceptions du temps dans l’Égypte ancienne, ainsi que l’expression des émotions et de la perception mentale en égyptien et dans diverses langues du monde, anciennes et modernes.
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Discovering the Forgotten Pharaoh Exhibition Catalogue par S. CONNOR & D. LABOURY (eds)
Cet ouvrage est conçu comme un guide destiné à accompagner les visiteurs de l’exposition Toutankhamon, à la découverte du pharaon oublié (organisée par Europa Expo au centre d’exposition de la gare TGV internationale de Liège-Guillemins, du 14 décembre 2019 au 30 août 2020) et permet de contextualiser la visite en approfondissant les divers thèmes abordés. Près d’un siècle après la découverte la plus retentissante de l’histoire de l’archéologie, l’exposition vise, à travers une muséologie immersive et un parcours narratif et pédagogique, à raconter et expliquer l’histoire croisée de Howard Carter et du jeune pharaon qu’il a permis d’exhumer de l’oubli. Sont ainsi évoqués le parcours singulier de Howard Carter, son opiniâtre quête de la tombe de Toutankhamon, l’exploitation scientifique de sa découverte, l’Égypte dans laquelle Toutankhamon a grandi, puis régné, la vie quotidienne, les croyances et la production artistique à cette époque mouvementée de l’histoire pharaonique. Les avancées les plus récentes de notre connaissance de l’enfant-roi grâce aux technologies et méthodes d’investigation les plus modernes sont également envisagées, avant de terminer par l’impact que cette incroyable découverte a pu avoir sur l’art, la science archéologique et égyptologique et la vision collective que nous partageons désormais de la civilisation des pharaons. Richement illustré, le catalogue s’articule autour des différents thèmes abordés par l’exposition, mais aussi des choix muséographiques qui ont présidé à la réalisation de celle-ci. Il rassemble plus de 60 essais rédigés par des experts internationaux qui présentent les résultats les plus récents de leurs recherches et offre un regard renouvelé sur une série d’objets bien connus, tout en présentant nombre de pièces encore jamais montrées au public.
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Par Jacques Rondeux Professeur ordinaire émérite, Jacques Rondeux a enseigné la dendrométrie, la gestion et l’économie forestière à Gembloux Agro-Bio Tech, Université de Liège (Belgique). A consacré près de 40 ans de recherches à la caractérisation et l’évaluation quantitative des peuplements. Auteur de plus de 300 publications et co-auteur de trois ouvrages dédiés aux tables de cubage et de production. A été sollicité au titre de professeur-visiteur dans plusieurs pays africains, ou comme expert. Sa carrière a largement été marquée par le développement de l’inventaire permanent des ressources forestières de Wallonie et du Grand-Duché de Luxembourg. A siégé durant plus de 30 ans au Conseil Supérieur Wallon des Forêts et est correspondant étranger de l’Académie d’Agriculture de France (Section Bois et Forêts). Édité pour la première fois en 1993 « La mesure des arbres et des peuplements forestiers » a fait l’objet d’une révision en 1999. La présente version constitue à la fois une refonte et une importante mise à jour tenant compte de l’évolution des techniques de collecte et d’exploitation des mesures réalisées en forêt et du besoin croissant d’appréhender de nouveaux paramètres, autres que la seule matière ligneuse, dans une perspective d’amélioration de la compréhension de l’écosystème forestier et de la gestion des espaces boisés. L’ouvrage, un des rares en langue française, est davantage conçu comme un manuel de référence en dendrométrie destiné en particulier aux étudiants si souvent aujourd’hui conditionnés à la consultation d’internet et à l’utilisation de logiciels « ready to use ». Il vise aussi un public composé d’enseignants, de chercheurs et de gestionnaires forestiers. Il est délibérément construit sur la base d’une trame abordant les principaux sujets traités d’une manière progressive en ne sacrifiant pas certaines approches qui pourraient être considérées comme appartenant au passé mais pouvant se révéler très utiles pour mieux comprendre la dendrométrie et la faire partager au plus grand nombre. Il est loin le temps où cette science forestière se résumait à la seule « mesure des arbres » ayant pour but précis la connaissance de leur volume. La lecture de l’ouvrage peut se faire à deux vitesses, l’une destinée à un public averti, l’autre privilégiant davantage l’apprentissage.
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Images ludiques de Grèce ancienne Véronique DASEN
Des centaines de scènes de jeu animent les vases attiques et italiotes pendant près de deux siècles, du milieu du VIe siècle à la fin du IVe siècle av. J.-C. Cet univers ludique peuplé de guerriers, d’enfants, de jeunes filles et de garçons, révèle une grande variété d’activités — jeux de pions, de balle, du porteur, cerceau, toupie, balançoires et planches à bascules... — qui apportent un éclairage nouveau sur la dynamique de la société grecque archaïque et classique, ses normes, ses valeurs et son imaginaire. Les peintres utilisent les scènes de jeu de manière métaphorique pour parler de la jeunesse, de l’amour, des passages d’âge, du goût de la compétition et de la performance, avec une relation particulière à la chance et au risque.
Ce parcours dans les images ludiques débute à l’époque archaïque avec les plus anciennes représentations de jeu qui mettent en scène deux soldats, lourdement armés, qui se délassent à la guerre tout en manifestant leur complicité et leurs compétences stratégiques. Il se termine avec les divertissements d’enfants dans un cadre festif à la fin du Ve et au début du IVe siècle. Entre les deux se déploie la beauté physique des jeunes gens, s’entraînant à devenir les meilleurs au gymnase pour les garçons, tandis que l’adresse des filles vise à rendre propice un mariage sous le signe de l’émotion et de la joie.
Ce volume richement illustré est issu des recherches menées dans le cadre du projet ERC AdG Locus Ludi. The Cultural Fabric of Play and Games in Classical Antiquity soutenu par le Conseil européen de la recherche.
Véronique Dasen est professeure d’archéologie classique à l’Université de Fribourg (CH) et rattachée au Centre AnHiMA, Paris (UMR 8210). Ses recherches portent sur l’anthropologie des images et la culture matérielle dans les mondes grec et romain.
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par Philippe RAXHON et Veronica GRANATA Deux ans de travail, 200 pages, 200 illustrations pour le 200e anniversaire de l’Université de Liège. Et deux versions du livre, l’une tout public, et l’autre de prestige. L'ouvrage
Mémoire et Prospective. Université de Liège (1817-2017) propose au lecteur le récit passionnant d’une grande aventure scientifique et humaine, un tissu serré d’expériences, de rebondissements, de conflits, de défis, en résonance avec les époques traversées. L’ouvrage est rehaussé par plus de deux cents illustrations, dont certaines inédites. La fragile Université de Liège de 1840, l’ambitieuse de 1880, la renaissante de 1930, la conquérante de 1960, la combative de 1990, la courageuse des années 2000, ne forment qu’une seule et même institution, vivante, vibrante, forgée par ses héritages, ses aspirations, et les aléas de l’histoire. Parce que l’Université de Liège fut réinventée génération après génération, le livre se présente comme une invitation au voyage, à un parcours à la lisière du passé, du présent et de l’avenir, dont les frontières sont toujours en pointillé quand elles sont exposées sous les lumières de la mémoire.
«Le livre Mémoire et Prospective (…) ajoute l’exigence d’être lisible par tous : les étudiants et les diplômés de l’Université, ses professeurs, chercheurs et tout son personnel, tous ses partenaires, d’ici et de l’étranger, ses amis et sympathisants, mais aussi tous ceux qui n’ont pas de liens avec l’Alma Mater mais veulent mieux la connaître ». Albert Corhay, Recteur de l’Université de Liège.
Les auteurs
Philippe RAXHON. Né à Ougrée, Philippe Raxhon est chercheur qualifié honoraire du FNRS et professeur ordinaire à l’Université de Liège, où il dirige l’unité d’histoire contemporaine. Il est spécialiste de l’étude des processus mémoriels et des relations entre l’histoire et la mémoire. Il est aussi le président du Conseil de la transmission de la mémoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Veronica GRANATA. Née à Rome, Veronica Granata est titulaire d’une maîtrise en Sciences Politiques ainsi que d’un Diplôme d’Etudes Approfondies de l’Université Paris I-Sorbonne. Docteur en Histoire moderne et contemporaine de l'Université La Sapienza de Rome, elle est actuellement assistante au sein de l’unité d'histoire contemporaine de l'Université de Liège.
Regardez la vidéo du making of du livre. -
Actes du colloque international organisé à l’Université de Liège les 5 et 6 février 2009 à l’occasion des 65 ans de Jean Kellens par Philippe SWENNEN (éd.)
Les démons iraniens appartiennent à la catégorie générique de daēuua- (dēv en pehlevi). Or, il est paradoxal de constater que ce mot est hérité du même mot sanskrit (devá-) qui voulait originellement dire « dieu ». Le latin deus l’atteste. Comment en est-on arrivé là ? Assistons-nous à la naissance de cet univers démoniaque ? Le célèbre prophète Zarathushtra, fondateur supposé de la doctrine mazdéenne, a-t-il joué un rôle dans la redéfinition du contenu sémantique du mot daēuua- ? Cette évolution est-elle le trait distinctif de la religion du monde iranien archaïque ? Comporte-t-elle une définition morale ou politique du mal ? La généalogie et le portrait donnés des démons connaissent-ils des mutations au cours de la longue histoire de la religion iranienne ancienne ? Quel rôle leur attribue-t-on dans les cérémonies religieuses mazdéennes ? C’est à répondre à toutes ces questions que se sont attachés les spécialistes dont ce volume rassemble les contributions.
Philippe SWENNEN enseigne à l’Université de Liège, où il est titulaire de la chaire « Langues et religions du monde indo-iranien ancien ». C’est dans cette institution qu’il avait fait ses études, avant d’être doctorant de l’Istituto Universitario Orientale di Napoli. Remaniée, sa thèse de doctorat a été publiée en 2004 à Paris sous le titre « D’Indra à Tištrya ».
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The Hellenistic and Roman Eastern Mediterranean edited by Annelies CAZEMIER & Stella SKALTSA
The terms ‘religious association’ or ‘cult association’ are regularly used in scholarship, but their use and applicability have been in need of critical re-assessment for some time. In an attempt to find a more nuanced approach and gain a better understanding of the formation, organisation, and aims of ancient associations, this volume seeks to elucidate the wider context(s) of associations’ religious as well as social and cultural dimensions. A series of questions have shaped the volume’s agenda: How and to what extent did religion inform the activities of ancient associations? What was the role of so-called religious associations in promoting social, political, cultural, and/or economic life in post-classical poleis? What role did religion play in associations’ self-representation and in their relations with individuals, groups, local authorities, and/or external powers? To what extent were associations responsible (within their region or more widely) for religious innovation, for example the introduction of new cults or the introduction of new cultic practices? All in all, the papers demonstrate that important insights can be gained from considering the multifarious aspects of associations in close conjunction. They illustrate how the various dimensions (religious, social, funerary, etc.) of associative life are closely connected, with religious aspects usually taking a prominent place. These aspects informed and expressed associations’ internal dynamics as well as their outward group identity and self-representation. Cultic activities and affiliations ultimately inform us about the places of private collectivities in society more broadly.
Table des matières (PDF) Abstracts (PDF) -
Rituel et présentification du divin dans l’imagerie attique Hélène COLLARD
Comment faire voir ce qui ne se voit pas ? Comment représenter la communication avec les dieux dans la figuration d’un rituel ? Ce sont de telles questions qu’ont dû affronter les peintres de vases athéniens dans la mise en image des actes posés en l’honneur d’une pluralité d’entités divines. Afin de « présentifier l’invisible », ils ont ainsi développé diverses stratégies figuratives qu’il s’agit de saisir par le biais des séries d’images qui les mettent en œuvre. Les différentes formulations graphiques de la présence divine au rituel sont au cœur de ce livre qui scrute l’imagerie des vases attiques des VIe et Ve siècles avant notre ère afin de nourrir le questionnement sur la représentation et la perception du divin dans le polythéisme grec.
Ce volume est publié avec le soutien de l’Université de Liège et de la Commission Européenne dans le cadre du projet FP7-PEOPLE-COFUND-BeIPD
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Stéphanie PAUL
En 366 avant notre ère, les différentes communautés de l’île de Cos s’unissent en une seule cité, dont le centre urbain, nommé Cos par homonymie avec l’île, sera fondé sur la pointe nord-est. Ce changement politique a profondément marqué le paysage religieux de l’île, en réorganisant les cultes et en reconfigurant le panthéon. Par un savant mélange entre nouveaux cultes et traditions ancestrales, cette réforme donnait à la communauté nouvellement constituée la cohésion d’une identité religieuse partagée. Par la suite, l’inscription de nombreuses réglementations cultuelles et l’importante activité édilitaire dans les sanctuaires, poursuivies au moins jusqu’au ier siècle avant notre ère, attestent la vitalité des cultes de cette cité à la période hellénistique. Une telle abondance documentaire fait de l’île de Cos un lieu idéal pour étudier les pratiques religieuses des anciens Grecs et pour interpréter le polythéisme grec à l’échelle locale, en illustrant à la fois la richesse, la complexité et la dynamique des panthéons régionaux.
Ce volume est publié avec le support de la Fondation Universitaire de Belgique. -
Animal-human hybrid deities in Greek religion Emma ASTON
Many of the beings in this book – Cheiron, Pan, Acheloos, the Sirens and others – will be familiar from the narratives of Greek mythology, in which fabulous anatomies abound. However, they have never previously been studied together from a religious perspective, as recipients of cult and as members of the ancient pantheon. This book is the first major treatment of the use of part-animal – mixanthropic – form in the representation and visual imagination of Greek gods and goddesses, and of its significance with regard to divine character and function. What did it mean to depict deities in a form so strongly associated in the ancient imagination with monstrous adversaries? How did iconography, myth and ritual interact in particular sites of worship? Drawing together literary and visual material, this study establishes the themes dominant in the worship of divine mixanthropes, and argues that, so far from being insignificant curiosities, they make possible a greater understanding of the fabric of ancient religious practice, in particular the tense and challenging relationship between divinity and visual representation.
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Portes, routes, carrefours et autres figures de l’entre-deux Athanassia ZOGRAFOU
Hécate est une figure divine qui a longtemps été reléguée dans le monde d’en bas, dans l’univers de la superstition et de la magie. Les approches classiques n’ont guère rendu justice au rapport que la déesse entretient à l’espace, par sa présence aux portes, aux carrefours et aux divers autres points de passage. C’est une exploration attentive aux réalités concrètes, voire triviales, qu’offrent les analyses de ces Chemins d’Hécate, où la déesse fonctionne comme une sorte d’opérateur. Sans prétendre à une visée totalisante qui pourrait être factice, ce livre propose une image plurielle, mais cohérente d’Hécate en tant que divinité des entre-deux qui marquent l’espace, le temps et la vie elle-même.
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Systèmes votifs des sanctuaires de déesses dans le monde grec Clarisse PRÊTRE (éd.), avec la collaboration de Stéphanie Huysecom-Haxhi
Faire une offrande à une divinité était une démarche très répandue de la pratique religieuse des Grecs. Le geste était donc banal et la nature du don très variable, pouvant aller d’une modeste terre cuite à une somptueuse intervention architecturale dans le sanctuaire du dieu ou de la déesse. Si l’offrande était variée, les intentions du donateur ou de la donatrice ne l’étaient pas moins, et s’affirmaient déjà dans le choix d’une divinité spécifique au sein d’un monde divin pluriel. Dès lors, un large éventail de questions s’offre à l’interprète moderne des pratiques religieuses antiques. Comment le fidèle choisissait-il telle divinité plutôt que telle autre ? Existe-t-il un lien spécifique entre la divinité en question et le type d’offrande choisie ? Peut-on déduire le profil du destinataire divin de la nature des offrandes mises au jour lors de la fouille d’un sanctuaire ? Et qu’en est-il du profil du dédicant ? Les distinctions « homme-femme » et « dieu-déesse » opèrent-t-elle au niveau de la pratique dédicatoire et peut-on déceler un effet de miroir entre elles ? L’ensemble des contributions de ce volume aborde ces différentes questions, en fixant plus précisément le regard sur les sanctuaires de divinités féminines.
Sommaire
C. PRÊTRE, La donatrice, l’offrande et la déesse : actions, interactions et réactions (Résumé/Abstract) F. DE POLIGNAC, Quelques réflexions sur les échanges symboliques autour de l’offrande (Résumé/Abstract) G. PIRONTI, Des femmes, des magistrats, une déesse : réflexions sur les contextes de l’offrande (Résumé/Abstract) A. CHANIOTIS, From Woman to Woman: Female Voices and Emotions in Dedications to Goddesses (Résumé/Abstract) A. JACQUEMIN, L’inverse est-il vrai ? Peut-on penser la donatrice dans un sanctuaire masculin ? (Résumé/Abstract) A. MULLER, Le tout ou la partie. Encore les protomés : dédicataires ou dédicantes ? (Résumé/Abstract) O. PILZ, Some Remarks on Meaning and Function of Moldmade Terracotta Relief Plaques Depicting Naked and Dressed Females Figures (Résumé/Abstract) C. SAINT-PIERRE, Offrir l’Orient aux déesses grecques (Résumé/Abstract) J. LARSON, Arms and Armor in the Sanctuaries of Goddesses: A Quantitative Approach (Résumé/Abstract) J. NEILS, Textile Dedications to Female Deities: The Case of the Peplos (Résumé/Abstract) C. DURVYE, Évolution fonctionnelle d’une divinité à l’échelle locale : les offrandes à l’Aphrodite de Stèsileôs à Délos (Résumé/Abstract) J. WALLENSTEN, Demand and Supply? The Character of Aphrodite in the light of inscribed votive gifts (Résumé/Abstract) F. CROISSANT, Identification d’une déesse : questions sur l’Aphrodite argienne (Résumé/Abstract) J. BAUMBACH, ‘Speak, votives, …’. Dedicatory practice in sanctuaries of Hera (Résumé/Abstract) N. BOOKIDIS, Large-Scale Terracottas and the Cult of Demeter and Kore in Corinth (Résumé/Abstract) K. CLINTON, Donors of Kernoi at the Eleusinian Sanctuary of the Two Goddesses (Résumé/Abstract) J. KOZLOWSKI, Le fidèle et le personnel religieux. Évolution de la fréquentation de certains « Thesmophoria » (Résumé/Abstract) V. MITSOPOULOU-LEON, Votive Offerings for Artemis Hemera (Lousoi) – and their Significance (Résumé/Abstract) N. TRIPPÉ, Les épiclèses d’Artémis à Milet-Didymes : quelles offrandes et quels donateurs pour les différentes facettes de la déesse ? (Résumé/Abstract) A. MAZARAKIS AINIAN, Réflexions préliminaires sur les systèmes votifs aux sanctuaires de Kythnos (Résumé/Abstract) V. PIRENNE-DELFORGE, La poikilia des offrandes et le souci de les comprendre. Bilan d’une rencontre -
Étude des cultes guérisseurs et des médecins en Carie Cécile NISSEN
Asclépios et Hippocrate sont tous deux associés à l’art médical dans la Grèce antique. Cependant, l’un appartient au monde des dieux et l’autre est mortel. La distinction est d’importance et reflète adéquatement les deux conceptions de la médecine que ces noms portent en eux, l’une généralement qualifiée de « religieuse » et l’autre de « rationnelle ». Ces deux facettes de la médecine antique sont au cœur de la présente étude, qui s’attache à en redéfinir la portée et la complémentarité. Centrée sur la Carie, une région d’Asie Mineure qui a livré une documentation abondante, l’analyse aborde les cultes guérisseurs patronnés par Asclépios, mais aussi par Pluton et Coré à Acharaca, Men à Attouda ou encore Hémithéa à Castabos. Quant aux médecins, ils formaient une « école » célèbre à Cnide dès la période classique et à Laodicée du Lycos à l’époque impériale, mais certains d’entre eux pratiquaient de manière indépendante de toute « secte » établie. En embrassant d’un même regard des pratiques dont l’étude est souvent éclatée dans les recherches modernes, ce livre offre une vision nuancée des interactions qui existaient entre cultes guérisseurs et pratique médicale, rendant à la médecine antique l’unité qui était la sienne.
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Actes du XIIe colloque international du CIERGA Pierre BRULÉ (éd.)
Pas plus qu’elle ne reconnaît un Fondateur ou qu’elle ne se conforme à un Livre, la pratique religieuse ne se réfère, en Grèce ancienne, à quelque commandement révélé ou credo dogmatique. Mais il s’en faut de beaucoup que la notion de « norme » lui soit totalement étrangère, à la condition d’éviter d’assimiler le normatif à l’impératif. La norme peut n’avoir aucun caractère d’obligation. Elle est davantage ce qui doit ou devrait être. Le concept se tient près alors d’un idéal dont l’origine se trouve dans les valeurs socialement reconnues qui forment une sorte de gabarit auquel tendent à se conformer les valeurs religieuses. Pratiques sociales et politiques, et pratiques religieuses sont entre elles comme en miroir : dans cette relation, comment définir la norme du bien penser et du bien agir en matière religieuse ? Par la lecture critique des matériaux fort divers qui s’offrent à l’analyse, les contributions à ce volume mettent à l’épreuve ce questionnement sur la règle, l’usage, la tradition, la loi et, ce faisant, mettent en lumière les particularités d’un système religieux tout à la fois souple et d’une indubitable cohérence.
Études
P. BRULÉ, En guise de prélude… G. PIRONTI, Dans l’entourage de Thémis : les Moires et les « normes » panthéoniques (Résumé/Abstract) L. BRUIT ZAIDMAN, Lois et normes religieuses dans les Lois de Platon (Résumé/Abstract) P. BRULÉ, Contribution des Nuées au problème de l’incroyance au Ve siècle (Résumé/Abstract) P. BORGEAUD, Une rhétorique antique du blâme et de l’éloge. La religion des autres (Résumé/Abstract) A. CHANIOTIS, The Dynamics of Ritual Norms in Greek Cult (Résumé/Abstract) E. SUÁREZ DE LA TORRE, Oracle et norme religieuse en Grèce ancienne (Résumé/Abstract) G. EKROTH, Thighs or Tails? The Osteological Evidence as a Source for Greek Ritual Norms (Résumé/Abstract) S. SCULLION, Sacrificial Norms, Greek and Semitic: Holocausts and Hides in a Sacred Law of Aixone (Résumé/Abstract) V. MEHL, La norme sacrificielle en images : une relecture de l’épisode d’Héraklès chez le pharaon Busiris (Résumé/Abstract) P. BONNECHERE, Le sacrifice humain grec, entre norme et anormalité (Résumé/Abstract) A. STAVRIANOPOULOU, Norms of Public Behaviour towards Greek Priests: Some Insights from the Leges Sacrae (Résumé/Abstract) J. WILGAUX,Ὑγιὴς καὶ ὁλόκλαρο. Le corps du prêtre en Grèce ancienne (Résumé/Abstract) F. PROST, Norme et image divine. L’exemple de la « statue d’or » de l’Acropole (Résumé/Abstract) E. VOUTIRAS, Attitudes de prière en Grèce ancienne (Résumé/Abstract) A. ROBU, Le culte de Zeus Meilichios à Sélinonte et la place des groupements familiaux et pseudo-familiaux dans la colonisation mégarienne (Résumé/Abstract) M. VALDÉS GUÍA, Bouzyges nomothetes : purification et exégèse des lois sacrées à Athènes (Résumé/Abstract) Y. LAFOND, Normes religieuses et identité civique dans les cités de Grèce égéenne (IIe siècle av. J.-C. – IIIe s. après J.-C.) (Résumé/Abstract) -
Pausanias et la religion grecque
Vinciane PIRENNE-DELFORGE
Le voyage de Grèce entrepris par Pausanias au IIe siècle de notre ère est une expérience concrète qui fait de chaque lieu parcouru, de chaque monument croisé, lorsqu’ils sont choisis à cette fin, une parcelle de l’identité grecque. Le système religieux dont le visiteur rend partiellement compte, en assumant fermement ses choix, est un ensemble de comportements et de représentations imbriqués dans tous les aspects de vie des Grecs. Dès lors, le voyage à la source de la culture grecque dont témoigne la Périégèse se trouve continument alimenté par un tel matériau. En marchant sur les traces de Pausanias, les historiens de la religion grecque, à leur tour, collectent des fragments de cette vie religieuse en érigeant son œuvre en source de leur enquête. Mais ils sont tributaires des choix qui ont été opérés il y a presque deux millénaires par cet érudit venu d’Asie Mineure. Tenir compte de ces choix et replacer les données dans l’ensemble de l’œuvre qui les porte sont deux impératifs essentiels qu’illustre ce « Retour à la source ».
Ce volume a été publié avec le soutien du Fonds de la Recherche Scientifique – FNRS
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Essai sur la religion grecque & Recherches sur les Hymnes orphiques Jean RUDHARDT éd. par Philippe BORGEAUD et Vinciane PIRENNE-DELFORGE
Quiconque s’intéresse à la religion grecque antique utilise la thèse que Jean Rudhardt a publiée en 1958 : Notions fondamentales et actes constitutifs du culte. Étude préliminaire pour aider à la compréhension de la piété athénienne au IVe siècle. À cet ouvrage toujours indispensable sont venues s’ajouter de nombreuses publications qui continuaient d’explorer le champ du polythéisme grec en l’appréhendant de l’intérieur, dans le respect du contexte qui le voyait se déployer. Parmi les textes laissés en chantier par Jean Rudhardt, trois livres étaient en préparation, auxquels il aura travaillé jusqu’à sa mort, en juin 2003. Deux d’entre eux, inachevés mais parfaitement cohérents, représentent deux volets essentiels des travaux du savant genevois, l’un intitulé Essai sur la religion grecque, l’autre Recherches sur les Hymnes orphiques. Les lecteurs de Jean Rudhardt retrouveront la démarche philologique rigoureuse qui caractérise ses recherches depuis les Notions fondamentales. Au cœur de ces deux inédits est posée, dans une perspective interne, la question du sens. Cette question le faisait s’écarter de l’ensemble des spéculations modernes pour se tourner vers la considération du vocabulaire religieux des Grecs eux-mêmes. Une telle méthode d’investigation du polythéisme grec, mise en œuvre dès 1958, témoigne une fois encore de sa fraîcheur et de sa pertinence.
Ce volume a été publié avec le soutien de la Société suisse pour la science des religions
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Figures d’Aphrodite en Grèce ancienne Gabriella PIRONTI
Si l’on en croit l’opinion courante, Aphrodite est par excellence «déesse de l’amour». C’est à déconstruire une telle évidence que s’attache ce livre où les multiples facettes de la déesse sont explorées afin de rendre à l’éros sa riche polysémie et à la déesse qui «mélange» les corps toute sa complexité. À cette fin, qui met en jeu les mécanismes mêmes du polythéisme grec, sont plus particulièrement analysés le lien génétique d’Aphrodite avec Ouranos, le Ciel, et le couple que la déesse forme avec Arès, le dieu de la fureur guerrière. Sont ainsi abordées les nuances sombres et violentes d’Aphrodite, que les témoignages des Anciens ne manquent pas d’évoquer. Dès lors, la présence de la déesse dans l’univers de la guerre reçoit ici un nouvel éclairage. De la Théogonie d’Hésiode jusqu’aux cultes des cités, en passant par les textes littéraires qui témoignent du lien d’Aphrodite aux humeurs vitales, à la puissance virile et à la fleur de la jeunesse, l’auteur dessine de la déesse un portrait chatoyant, multiforme, ambigu, qui ne perd pas la cohérence que devait évoquer pour un Grec le simple énoncé de son nom.
Ce volume a été publié avec le soutien du Centre Louis Gernet






















